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Stage de Clavecin
Mar. 11 Août 2026
Lieu : Dieppe, France
Inscriptions formations
Présentation
La corde pincée, la main du claveciniste Les différentes qualités du son, la projection, la dynamique (elle existe bel et bien au clavecin !) viennent de la variété des impulsions, de la vitesse plus ou moins grande du pincement ainsi que du lâcher de la touche qui détermine l’articulation. La préparation adéquate du pincé permet de maîtriser à la fois le « timing » et la qualité du son. Le travail pour développer la sensation de la corde au bout du doigt et sentir l’effort minimal nécessaire pour la faire sonner est une constante dans mon approche, afin de développer une perception de plus en plus fine de toute la variété du toucher et du résultat sonore. Je donne volontiers des exercices tirés de la pièce travaillée, en insistant sur la sensation de relâchement, l’élasticité et la dynamique de la main, toujours en lien avec la musique. La structure : rythme de danse, rythme harmonique Tout en développant l’écoute, j’aborde ce travail en considérant le clavier comme un plancher de danse et la main comme le corps d’un danseur. Les appuis rythmiques et harmoniques qui structurent la musique sont primordiaux, les transferts d’appui d’un doigt à l’autre ou d’une zone à l’autre de la main, liés au texte musical, doivent être ressentis de façon concrète dans les muscles du claveciniste. Pour cela, j’amène les étudiants à dégager « l’ossature » du texte, telles les lignes narratives dans un tableau ou les piliers en architecture, et à jouer de façon convaincante cette version simplifiée jusqu’à ce qu’elle soit à la fois claire intellectuellement et bien installée corporellement. Les diminutions, le style luthé, les voix intermédiaires, l’ornementation, l’articulation plus fine des doigts s’intègrent progressivement dans un second temps, sans déranger les fondations auxquelles on reviendra autant que nécessaire. Le discours, l’expression Au-delà de ces structures, il s’agit de transmettre un discours musical ! Face au texte, on peut enrichir sa conception musicale en se posant la question du ou des affects, en s’interrogeant sur la forme (forme libre, danse, pièce polyphonique), en cherchant les éléments rhétoriques, en trouvant des références sonores dans le répertoire contemporain de la pièce que l’on joue. La référence à la voix et à l’articulation du texte est très souvent pertinente, en particulier pour le répertoire basé sur la polyphonie. Pour certaines pièces, la référence à d’autres instruments ou sons de l’époque (orgue, orchestre, violon, viole de gambe, vents) peut faire sens. L’objectif pour le claveciniste est d’amener son auditeur à ne plus entendre un clavecin mais à écouter un discours musical dans toute sa richesse. C’est mon ambition comme musicienne et celle que je m’efforce de transmettre à mes étudiants. Céline Frisch

