Enregistrement effectué chez le musicien. Un appartement au rez-de-chaussée, dans un arrondissement très densément peuplé à Paris. Beaucoup de bruits venant de l’extérieur. Grand appartement ; le dialogue a eu lieu dans le salon, qui est près de la rue. Mathieu parle beaucoup de comment il rencontre la musique contemporaine ; de son expérience très formatrice à Strasbourg. Il parle beaucoup de la relation entre musique classique, improvisation et musique écrite contemporaine. Les deux thèmes du Concerto de Mozart une pièce d’Helmut Lachenmann, ainsi que beaucoup de littérature pour clarinette dont il parle structurent la musique. Les oiseaux qu’on entendait m’ont inspiré les textures de la première partie de la pièce. L’image qu’inspire l’écriture est la « découverte continuelle », celle que Mathieu démontre d’avoir. 
 
À l’origine de cette idée il y a l’envie de voyager sur les mots des musiciens, qui me suggèrent des sons, des musiques, des couleurs. Les interprètes interviewés parlent de musique, jouent de leur instrument, font des exemples, racontent leur histoire. Ainsi, ils font résonner toute la musique. J’ai alors surfé sur les paroles et j’ai traversé les musiques évoquées. 
Les musiciens interviewés je les ai rencontrés chez eux. Je les connaissais déjà et certains ont joué ma musique ; ils sont tous actifs sur Paris. L’enregistrement que j’ai réalisé documente leur parcours, le choix de vie liées à leur instrument, leurs histoires personnelles, la musique qu’elles/ils aiment écouter et jouer. 
Comme dans un dialogue différé, je pense ces témoignages comme des documents dans lesquels je cherche un arrière-plan, une idée musicale ; la musique est aux marges des paroles ; comme si j’imaginais le son de leur histoire. C’est aussi la temporalité de l’entretien qui m’intéresse. Je voulais questionner son déploiement d’une manière sensible, sonore, intime.
Le résultat de ce projet est une musique électronique avec voix enregistrées, mais le texte est un véritable entretien plutôt qu’un texte finement construit. Cela permet de composer dans une modalité de découverte. Je pense ces compositions comme quelque chose entre le documentaire, le podcast, le témoignage, l’hommage aux interprètes et la musique. J’ai recherché cette multiplicité ainsi que l’ambiguïté qu’elle engendre.