Seul enregistrement de la série effectué en studio, aussi à cause de l’instrument : on avait l’occasion d’avoir un piano à queue dans un studio de production. Le pianiste, comme la harpiste, peut parler et jouer en même temps. Franco a beaucoup joué et fait des exemples. Il touche beaucoup le piano durant le dialogue. Franco a beaucoup d’amour pour la musique et le piano ; il adore le répertoire et il est radical dans ses choix musicaux. Il aime le son agressif ; il est aussi compositeur et écrit pour piano. Ses œuvres doivent beaucoup à sa manière de penser le piano et vice-versa. L’image qui accompagne l’écriture est celle du piano, de son timbre, le répertoire que Franco aime, ses idées en constante évolution. La musique mélange toutes les pièces qu’il a jouées pendant notre rencontre.
À l’origine de cette idée, il y a l’envie de voyager sur les mots des musiciens, qui me suggèrent des sons, des musiques, des couleurs. Les interprètes interviewés parlent de musique, jouent de leur instrument, font des exemples, racontent leur histoire. Ainsi, ils font résonner toute la musique. J’ai alors surfé sur les paroles et j’ai traversé les musiques évoquées. Les musiciens interviewés je les ai rencontrés chez eux. Je les connaissais déjà et certains ont joué de ma musique ; ils sont tous actifs sur Paris. L’enregistrement que j’ai réalisé documente leur parcours, le choix de vie liées à leur instrument, leurs histoires personnelles, la musique qu’elles/ils aiment écouter et jouer. Comme dans un dialogue différé, je pense ces témoignages comme des documents dans lesquels je cherche un arrière-plan, une idée musicale ; la musique est aux marges des paroles ; comme si j’imaginais le son de leur histoire. C’est aussi la temporalité de l’entretien qui m’intéresse. Je voulais questionner son déploiement d’une manière sensible, sonore, intime. Le résultat de ce projet est une musique électronique avec voix enregistrées, mais le texte est un véritable entretien plutôt qu’un texte finement construit. Cela permet de composer dans une modalité de découverte. Je pense ces compositions comme quelque chose entre le documentaire, le podcast, le témoignage, l’hommage aux interprètes et la musique. J’ai recherché cette multiplicité ainsi que l’ambiguïté qu’elle engendre.